Effacer ma mémoire pour enlever ma douleur

Rodolphe Cohen 19/02/2012 0

Et si finalement nos organismes étaient comme des disques durs ?

Si dans certains domaines de la médecine, on se bat depuis de nombreuses années pour comprendre les mécanismes de la mémoire et leur manifestation pathologique lorsqu’on la perd,  il y a des évènements (traumatisme, cancers, maladies etc…) douloureux que l’on cherche très vite à oublier.

Quoi de plus naturel pour un accidenté de la route ou un patient sortant de chimiothérapie de vouloir effacer de sa mémoire ses instants qu’il espère qu’il ne revivra plus, pour toujours.

Et c’est là tout le paradoxe, là où l’humain va tout faire pour oublier, dans les mécanismes de la douleur, l’organisme retient et garde en mémoire une trace de cet évènement passé. Et lors de manifestations douloureuses du même ordre, le ressenti en sera décuplé car il existe une trace mnesique de la douleur stocké dans les cellules neuronales.

L’exemple de l’amputé est le plus connu, qui continue de ressentir des douleurs fantômes de son membre inexistant.

Le Pr Coderre, neuroscientifique de l’Université de McGill (Canada), et son équipe, ont travaillé et démontré les mécanismes d’enregistrement de cette douleur dans les cerveaux de rats ; une avancée majeure dans la recherche sur la douleur.

Effacer ces enregistrements pour… enlever la douleur !

On rappelle que la force de connexion neuronale augmente en fonction de l’activation simultanée des neurones, ce phénomène est à l’origine de la mémoire.

Une protéine, responsable du renforcement de connexions neuronales lors de mécanismes douloureux est à l’origine de la « construction » de ce souvenir, et provoquera par la suite, un épisode douloureux amplifié. L’enjeu est de taille, il s’agit de détruire cette protéine, et ainsi d’empêcher l’enregistrement de ce souvenir.

Un médicament qui ciblerait la trace mnesique pour réduire l’hypersensibilité douloureuse serait une première, d’après Pr Coderre.

Si aujourd’hui, les antidouleurs ont des actions analgésiques et anti inflammatoires, un phénomène de seuil peut exister dans de nombreux traitements, nécessitant d’augmenter les doses pour obtenir le même effet. Cette dernière innovation, si elle voit le jour pourrait bien bouleverser tous les futurs traitements de la douleur.

Source : MSN Techno (Ca)

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