Scannez… Délivrez !

Rodolphe Cohen 11/02/2012 0

L’avenant sur la numérisation des ordonnances est paru au journal officiel du 9 février 2012
(consultable ici). L’officialisation est faite, c’est désormais une obligation de scanner les ordonnances délivrées au sein de l’officine.

J’ai la chance d’exercer le métier de pharmacien dans une officine qui teste le système de numérisation depuis deux années, et je dois dire que même si cela rajoute une étape à la délivrance, le service rendu est crucial.

En effet, la traçabilité atteint un excellent niveau, bon nombre de vérifications de délivrances ont pu être effectuées grâce au fait de pouvoir visualiser à posteriori l’ordonnance délivrée. Ce qui nous mène à une délivrance plus sécurisée, et nous permet d’offrir un suivi unique du patient.

Néanmoins, cela passe évidemment par l’équipement de l’officine en scanner et nécessite un paramétrage de celui-ci afin que le document scanné soit lisible et exploitable. En effet, d’après l’avenant : « Le pharmacien s’engage à respecter une qualité de numérisation permettant d’atteindre un taux d’exploitabilité sur l’ensemble des pièces numériques de 99 %. »

Pour vous faire une idée, deux modèles de scanner sont fréquemment utilisés:

  • IRIScan 2 ©: Un peu lent, mais très peu encombrant
    USB, auto alimenté
    Tarif moyen constaté : 99 € TTC
  • PlusTek MobileOffice D28© : Rapide, efficace, mais les  plastiques s’usent  avec le temps
    USB, alimentation externe.
    Tarif moyen constaté : env. 300 € TTC

Si on compte un scanner au minimum pour deux postes (possibilité de partager à travers le logiciel de gestion), l’équipement peut représenter un investissement pour une officine de moyenne taille ; tout dépends évidemment du nombre de comptoirs.

L’aide forfaitaire « d’un montant de quatre cent dix-huit euros et soixante centimes toutes taxes comprises (418,60 € TTC), sur la base d’un taux de TVA à 19,6 % » par an attribuée à chaque officine peut représenter une aide non négligeable, on ne peut donc que saluer ce geste.

Outre le service au patient qui peut se renseigner auprès de son pharmacien de son dernier traitement ou qui peut éventuellement consulter sa dernière ordonnance perdue, c’est la télétransmission via CD-ROM qui est la véritable révolution.

En effet, au moyen d’un module de logiciel de gestion et tous les quinze jours, le pharmacien peut transmettre à la sécurité sociale tous ses lots de feuilles de soins électroniques sous forme d’un CD-ROM en lieu et place de l’énorme enveloppe aujourd’hui devenue antique. Il reste néanmoins plus prudent de faire une copie du CD-ROM envoyé et de conserver les ordonnances et feuilles de soins scannées en gage de sécurité.

Un service au patient, un service au pharmacien, un pas de plus vers le passage au « Zéro Papier » est engagé de manière formelle aujourd’hui, et ce n’est que de bonne augure.
Voyons y ici un progrès et non une contrainte, une avancée dans le pas du numérique qui nécessite un effort, certes mais qui peut nous (r)apporter tant au niveau du service client que du coté administratif de notre métier.

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